L’Arctique gagne en importance en raison des changements climatiques et du potentiel de nouvelles routes maritimes et d’extraction de ressources, ce qui exige un renforcement des capacités de surveillance et de défense dans la région. Pourtant, nous manquons d’infrastructures indispensables dans le Nord.
Heureusement, des investissements pertinents sont en cours. Le Canada a récemment annoncé son intention d’acheter des drones télécommandés pour aider l’Aviation royale canadienne à assurer une surveillance à longue distance. Ces acquisitions comprennent des postes et un centre de contrôle au sol, de nouveaux hangars d’aviation, des armes et des technologies d’entraînement.
Les premiers drones devraient être livrés en 2028 – près de 30 ans après que l’idée ait été amenée – et le programme ne sera complètement opérationnel qu’en 2033.3
Le gouvernement fédéral a également conclu une entente visant l’achat d’un maximum de 16 avions P‑8A Poseidon pour l’Aviation royale canadienne afin de remplacer la flotte vieillissante de CP-140 Aurora.
Ces développements sont positifs. Toutefois, pour citer encore Bob Davidson, « un investissement considérable doit être fait et nous pensons à des moyens de répartir les fonds pour donner l’impression aux Américains que nous investissons réellement dans la défense… alors que nous n’avons encore qu’effleuré la surface de la question. »
Pourtant, il reconnaît que même si le ministère de la Défense nationale recevait un financement important, il pourrait ne pas disposer du personnel et des politiques d’approvisionnement agiles qui lui permettraient de faire un grand pas en avant, et rapidement. Un plan raisonnable doit être mis en place, et un solide engagement doit être pris. « L’argent est un élément clé d’un réel engagement », dit Bob.
La défense conjointe de l’Amérique du Nord est essentielle à la sécurité du Canada et des États-Unis, et quoi qu’affirment publiquement ces derniers au sujet du NORAD et des mesures qui sont finalement prises pour le moderniser, il ne fait aucun doute que des pays potentiellement hostiles suivront attentivement la situation. Ce qu’il faut, c’est une approche entièrement intégrée, élaborée et mise en œuvre par les deux pays.
Il est évident qu’une approche avant-gardiste en matière de défense, une diplomatie prudente et une force de caractère sont nécessaires.