Pour la modernisation du NORAD, l’intégration numérique pourrait constituer le défi le plus important et le plus pressant.
La mise à jour de la politique de défense en avril 2024 ne faisait aucun doute quant aux achats prioritaires à effectuer au cours des prochaines années : réinvestir dans le matériel pour renforcer les fondations et acquérir de nouvelles capacités en matière de sécurité de l’Arctique, de défense antimissile et de cyberopérations.
Ces priorités ont été appuyées par des programmes précis et des financements planifiés, sur plus de 20 ans, pour des programmes liés aux carrefours de soutien opérationnels nordiques et une station terrienne de satellites dans l’Arctique. Cela s’ajoute aux milliards destinés à la construction d’un nouveau système de satellites mondial et d’un centre de cyberopérations conjoint, et à l’acquisition de missiles de longue portée, de capteurs marins et d’un aéronef de détection aérienne avancée —le tout, en parallèle aux investissements faits pour garder les plateformes existantes opérationnelles d’ici à la mise en service de leurs successeurs de cinquième génération au cours de la prochaine décennie.
Ces engagements reposent sur les 38,6 milliards de dollars déjà attribués à la défense du Nord émanant de la politique de défense Protection, Sécurité, Engagement (PSE) visant à permettre au Canada de remplir ses obligations communes dans le cadre du Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD). Même si des critiques ont été formulées par rapport aux dépenses promises ne commençant pas avant 2026, ces engagements importent — surtout à la lumière de l’absence, dans la politique PSE, d’une politique axée sur la numérisation et l’intégration. La mise à jour de la politique de défense contribue grandement à combler l’écart.