Voici quelques pistes de réflexion pour aider les différentes parties concernées à relever le défi et à saisir les occasions qui s’offrent à elles :
Assouplissement des politiques
Les gouvernements doivent réévaluer les modèles de propriété des infrastructures. Par exemple, la plupart des aéroports canadiens appartiennent toujours à l’État, contrairement aux installations européennes et australiennes. La privatisation ou les partenariats public-privé (PPP) pourraient débloquer des investissements importants.
Modèles générateurs de revenus
Les projets à prioriser sont ceux qui s’autofinancent, ce qui assure leur viabilité auprès des investisseurs privés et sont par conséquent moins dépendants des fonds publics. Le gouvernement peut participer au financement lorsque des facteurs externes le justifient.
Au-delà du remplacement périodique des installations publiques, le secteur des infrastructures a également besoin de nouveaux investissements pour répondre aux objectifs liés à la transition énergétique et à la transformation numérique découlant de l’expansion de l’intelligence artificielle (IA). Cette évolution ouvre des possibilités rentables et attrayantes pour les investisseurs institutionnels du fait que de nombreux projets d’envergure peuvent désormais s’autofinancer. Le secteur privé pourrait construire, financer et rentabiliser ces opérations qui deviendraient autant d’occasions d’investissement lucratives.
Acceptation sociale et participation autochtone
Comme on le voit dans le secteur énergétique en pleine évolution, le soutien de la collectivité et des peuples autochtones est essentiel pour mener à bien les projets. Ceux qui intègrent ces perspectives ont plus de chances de réussir et d’attirer les investisseurs. La participation des peuples autochtones au capital permet non seulement d’harmoniser les intérêts, mais, combinée aux capitaux institutionnels privés et au soutien mesuré des pouvoirs publics, elle peut également ouvrir de nouvelles sources de financement.
Échelle des projets et diversification des risques
Les projets d’infrastructure dépassant souvent les 10 milliards de dollars – voire 30 milliards dans le cas de certaines initiatives de pipelines –, la collaboration entre plusieurs bailleurs de fonds est essentielle. Comme les banques ne peuvent à elles seules assumer un risque aussi important et concentré sur un seul emprunteur, les investisseurs institutionnels doivent faire partie de l’équation.
Application des modèles mondiaux
Le Canada devrait s’inspirer des marchés mondiaux où la mise en place d’infrastructures privées a stimulé les investissements. L’application à l’échelle nationale des leçons tirées ailleurs élargirait notre bassin de possibilités d’investissement.