Selon un nouveau sondage mené par KPMG au Canada la semaine dernière, les chefs d'entreprise canadiens demeurent fermement unis dans leur lutte contre les droits de douane imposés par les États-Unis, les deux tiers (67 %) d'entre eux affirmant que leur entreprise serait en mesure de faire face à une guerre commerciale d'une durée de plus d'un an. Plus de 8 chefs d'entreprise sur 10 (86 %) continuent d'appuyer l'imposition de droits de douane de représailles contre les États-Unis, soit le même sentiment exprimé il y a un mois lorsque KPMG a sondé pour la première fois les entreprises canadiennes sur le sujet.
L'incertitude entourant la politique commerciale des États-Unis a poussé les entreprises canadiennes à se précipiter pour trouver des moyens d'atténuer les risques et d'assurer leur protection contre les droits de douane. Les stratégies d'atténuation, qui varient d'une entreprise et d'un secteur à l'autre, comprennent la détermination des domaines propices à l'optimisation et à la rationalisation des opérations, la formation de partenariats pour ouvrir de nouveaux marchés, la diversification des chaînes d'approvisionnement, la cession des activités non essentielles, l'exploration des possibilités de couverture de change, l'intégration des plans en ce qui a trait aux droits de douane et à la tarification de transfert, la recherche d'exemptions et l'obtention de subventions ou d'incitatifs fiscaux.
« Le milieu des affaires demeure inébranlable dans son engagement à défendre les intérêts du Canada », a déclaré Timothy Prince, associé directeur canadien, Clients et marchés, KPMG au Canada. « L'ampleur des droits de douane et la durée de leur maintien auront une incidence sur la capacité des entreprises à traverser la tempête à venir. L'incertitude pousse déjà les entreprises à examiner toutes les facettes de leurs activités pour comprendre les options qui s'offrent à elles, les trois quarts d'entre elles ayant amorcé un examen stratégique de leurs activités.
« Les entreprises feront le nécessaire pour tenir le coup, mais elles s'attendent à ce que les gouvernements prennent des mesures audacieuses pour éliminer les obstacles interprovinciaux, construire un corridor énergétique national, réduire les formalités administratives et remanier le régime fiscal afin d'accroître leur capacité concurrentielle. Jusqu'à 86 % des répondants affirment qu'il est temps de diversifier les marchés d'exportation d'énergie en augmentant le nombre de pipelines et en étendant l'infrastructure dans l'ouest et l'est du Canada, et de réduire notre dépendance à l'égard du transport du pétrole et du gaz vers l'est du Canada à travers les États-Unis. »
Près de 9 répondants sur 10 (88 %) souhaitent voir une volonté politique forte et déterminée à tous les paliers de gouvernement pour enfin ouvrir le commerce au sein du Canada. Jusqu'à 84 % des répondants affirment que l'élimination des barrières interprovinciales sera extrêmement ou très importante pour la survie de leur entreprise dans le cadre d'une guerre commerciale avec les États-Unis, et veulent que ces barrières soient éliminées le plus rapidement possible. Près du tiers (31 %) affirment qu'ils pourraient rediriger de 11 à 25 % des ventes de leur entreprise vers les marchés du Canada.
Pas moins de 96 % des consommateurs canadiens interrogés dans le cadre d'un sondage distinct mené par KPMG veulent que les barrières interprovinciales soient éliminées, et 91 % affirment que la guerre commerciale les a convaincus que le Canada doit maintenir son système de gestion de l'offre pour les produits laitiers, les œufs et la volaille.
Il s'agit du deuxième sondage mené par KPMG auprès de chefs d'entreprise en un mois. Mené la semaine dernière, le sondage a permis de recueillir les opinions de 602 dirigeants provenant principalement de moyennes et grandes entreprises à l'échelle du Canada et des industries. Un peu plus de la moitié (51 %) dirigent des entreprises œuvrant au sein des deux industries qui devraient être les plus durement touchées par les droits de douane des États-Unis : la fabrication industrielle ainsi que l'énergie et les ressources naturelles.