Certes, la Loi et les obligations en matière de rapport qu’elle prévoit ont su sensibiliser la population au risque de travail forcé et de travail des enfants dans les activités commerciales et dans les chaînes d’approvisionnement. En effet, depuis l’annonce de la Loi jusqu’à la date limite de soumission du premier rapport, nous avons constaté une augmentation de près de 100 % de l’intérêt pour les termes de recherche associés à ce texte législatif.1
Du côté du secteur, au cours du dernier exercice, les entités concernées et leurs conseillers ont largement discuté de la Loi et des attentes mondiales concernant la gestion des chaînes d’approvisionnement, et ont adapté leurs politiques et leurs pratiques aux nouvelles exigences de divulgation pour préparer leur premier rapport.
KPMG au Canada a analysé 5 794 rapports soumis dans le cadre de la Loi et téléversés dans le catalogue en ligne de Sécurité publique Canada (SP).2,3 Les entités déclarantes sont des organisations de toutes tailles et de tous secteurs, y compris du secteur public : la majorité d’entre elles (environ 80 %) se procurent des biens ou des services de partout dans le monde et 15 % sont assujetties à d’autres obligations de déclaration.
Les premiers rapports mettent en lumière des exemples de gestion efficace de la lutte contre le travail forcé et le travail des enfants dans les activités et les chaînes d’approvisionnement. Ces exemples peuvent servir de modèles dans le secteur. Des entités déclarantes :
- 20 % ont commencé, dans une certaine mesure, à cartographier leur chaîne d’approvisionnement. Toutefois, seulement 5 % ont clairement indiqué avoir été au-delà de leurs fournisseurs de niveau 1 (aussi qualifiés de « directs » ou « primaires »)
- 40 % ont souligné qu’elles évaluent le risque d’esclavage moderne de leurs fournisseurs d’une quelconque façon. 35 % ont des programmes de contrôle diligent en interne. 40 % demandent une preuve de contrôle diligent à leurs fournisseurs
- 60 % ont fourni quelques exemples de la formation offerte à leur personnel sur les droits de la personne
- Un peu moins de 5 % montrent un respect évident des multiples exigences de divulgation, y compris la cartographie de leur chaîne d’approvisionnement, l’évaluation des risques fournisseurs, le contrôle diligent des opérations internes et des fournisseurs, la mesure des progrès et des résultats, ainsi que la formation obligatoire sur les droits de la personne. De ces entités, la majorité (70 %) signale aussi qu’elles respectent les normes mondiales en matière de droits de la personne
La divulgation exigée par la Loi, en plus des attentes mondiales changeantes quant à la gestion des chaînes d’approvisionnement, a suscité beaucoup d’engagement envers l’amélioration des activités. Des entités déclarantes, 90 % se sont engagées publiquement à mettre en œuvre des mesures supplémentaires, comme l’élaboration de politiques et de procédures (30 %), la formation du personnel (20 %) et l’évaluation ou la gestion des risques (15 %). Dans les coulisses, plusieurs sociétés examinent leurs processus internes à la recherche de lacunes, de risques et de possibilités. Elles adoptent une démarche ciblée pour comprendre leur chaîne d’approvisionnement et développer les mesures d’atténuation et de gestion appropriées.