Une société de capital-investissement a acquis et fusionné deux fabricants d’équipement pour accroître l’efficience opérationnelle. En six mois, la société a découvert qu’une importante occasion de croissance des revenus avait été négligée. Un des deux fabricants était mieux placé pour automatiser sa production et s’orienter vers le marché de masse, tandis que l’autre avait un avantage concurrentiel dans les produits personnalisés haut de gamme. Ainsi, des tâches déjà accomplies comme la création d’équipes de vente, la conception de processus de soumission et la mise en place d’une technologie dorsale ont nécessité une révision afin de permettre aux fabricants fusionnés de tirer parti de l’occasion de prendre différentes positions sur le marché.
Cet exemple illustre un piège courant dans l’exécution d’une transaction : la sous-évaluation de la différenciation commerciale et stratégique qui peut alimenter la création de valeur à long terme. Les transactions de fusions-acquisitions réussies vont au-delà des synergies de coûts : elles exigent une compréhension claire du positionnement unique de chaque entité sur le marché et de ses leviers de croissance dès le départ.
Au début d’une transaction, ce sont principalement la croissance et l’augmentation de la rentabilité qui sont favorisées. Toutefois, à mesure que l’intégration progresse, les équipes de direction se préoccupent davantage des opérations de fusion.Cela leur laisse peu de temps pour se réunir et établir des stratégies claires de service à la clientèle afin d’obtenir la valeur escomptée de la transaction.
Une étude de KPMG révèle que 70 % des transactions ne créent pas de valeur ajoutée réelle pour les actionnaires. L’une des raisons en est que, dans le contexte de l’attrition organisationnelle découlant des intégrations, les dirigeants de l’entreprise perdent de vue la croissance des revenus. Cela est particulièrement vrai dans le cas de fusions entre organisations de taille comparable ou d’acquisitions nécessitant des changements importants, où il est essentiel de créer une dynamique autour d’un plan stratégique entièrement nouveau pour l’entreprise intégrée. Ce principe semble facile à appliquer, mais reste souvent dans les cartons lorsque les équipes se concentrent sur les priorités quotidiennes d’intégration et de gestion des activités.